C’est dans ma dernière fonction, en tant que directrice de l’innovation dans une mutuelle de santé, que cette intuition s’est confirmée : le rétablissement doit devenir une dimension à part entière de l’accompagnement, notamment pour les personnes atteintes de maladies chroniques. En développant une approche de santé globale, j’ai pris conscience de la nécessité de proposer un accompagnement permettant aux personnes fragilisées par la maladie de retrouver une qualité de vie, des projets porteurs de sens personnel et une place dans la société.
Le coaching de rétablissement s’est alors imposé comme une évidence, et comme la suite naturelle de mon engagement.
Que vous ont apporté votre formation à l’éducation thérapeutique ETP et au coaching ?
Ces deux approches se rejoignent autour d’un principe fondamental : l’empowerment/ autonomisation de la personne . L’ETP m’a permis de comprendre quelles compétences les patients doivent développer pour devenir acteurs de leur santé, tandis que le coaching et notamment le coaching de santé m’a offert des outils puissants pour favoriser l’engagement dans l’action et la transformation durable.
En combinant ces deux disciplines, j’ai construit une méthode d’accompagnement cohérente, humaine et pragmatique, qui favorise la confiance, l’estime de soi et l’élan de vie. C’est ce qui me permet aujourd’hui d’aider les personnes à retrouver un équilibre, à s’adapter aux changements induits par la maladie et à redonner du sens à leur quotidien et à leur existence.
VOTRE VISION DU COACHING DE RÉTABLISSEMENT
Pourquoi avez-vous eu envie de créer une méthode de coaching de rétablissement ?
Malgré la richesse de mes formations, j’ai senti qu’il manquait un cadre spécifique pour répondre aux besoins particuliers des personnes vivant avec une maladie chronique. Ce constat s’est renforcé en observant que, malgré les progrès médicaux, la qualité de vie reste souvent altérée, avec des défis persistants, émotionnels, sociaux et professionnels.
Inspirée par les travaux de Catherine Tourette-Turgis sur le rétablissement, j’ai souhaité créer une méthode centrée sur la santé globale, qui prenne en compte la personne dans toutes ses dimensions : physique, mentale, émotionnelle, relationnelle. Pour moi, se rétablir, ce n’est pas simplement aller mieux : c’est retrouver de l’élan, une dynamique de vie, et redevenir acteur de son parcours.
Comment imaginez-vous le futur du coaching de rétablissement ?
Je souhaite que le coaching de rétablissement devienne un outil de santé publique. Il doit s’ouvrir au monde de l’entreprise, où il a tout son sens pour favoriser le retour au travail, prévenir l’épuisement et contribuer à une santé durable.
Demain, ce coaching pourrait devenir un pilier des démarches RSE, en intégrant les enjeux de santé globale au cœur de la performance collective.
